Avec une prise de conscience croissante des enjeux environnementaux, l'utilisation de toilettes sèches, tant lors d'événements publics que dans les habitations écologiques, devient de plus en plus courante. Ces installations contribuent à la protection de l'environnement en économisant l'eau, en réduisant les déchets, et en préservant les écosystèmes aquatiques, tous sans recourir à des produits chimiques. L'un des avantages majeurs de ces toilettes est qu'elles permettent d'obtenir un compost naturel riche, idéal pour votre potager. Mais comment les utiliser efficacement ? Quelles précautions faut-il prendre ?
les réglementations autour des toilettes sèches
La législation française concernant les toilettes sèches est régie par la directive européenne 91/271/CEE de 1992, et par l'arrêté du 7 septembre 2009. Ce dernier précise les détails techniques pour les installations d'assainissement non collectif. Dans cet arrêté, l'article 17 stipule que les toilettes sèches sont autorisées, tant qu'elles ne causent pas de nuisances pour le voisinage et ne polluent pas les ressources en eau.
Les toilettes sèches doivent être composées d'une cuve étanche où les déchets sont déposés. Cette cuve doit être vidée régulièrement dans une aire conçue pour éviter tout écoulement, gérée en fonction des précautions nécessaires pour ne pas nuire à l'environnement.
- les urines et les fèces peuvent être mélangées avec de la litière organique pour produire un compost ;
- les fèces peuvent être traitées séparément, les urines étant dirigées vers un système de traitement adéquat.
comment obtenir un compost sain et mûr des toilettes sèches ?
Les toilettes sèches fonctionnent sur le principe de la récupération des déchets humains, recouverts d'une litière végétale après chaque utilisation, qui aide à absorber l'humidité et à réduire les odeurs. Les litières peuvent inclure de la sciure de bois, des feuilles mortes ou des herbes sèches. Cependant, il est crucial de détruire rapidement les éventuels germes pathogènes présents dans les excréments.
détruire les germes pathogènes
Bien que les risques sanitaires soient généralement faibles, l'hygiénisation du compost est essentielle. Cela se fait par oxygénation, permettant aux germes de mourir grâce aux conditions aérobies. Un brassage régulier du compost pendant environ 18 mois à 2 ans garantit une destruction complète des germes. Une autre méthode consiste à chauffer le compost au-dessus de 55°C pendant quelques jours.
De plus, l'utilisation d'antibiotiques et d'autres médicaments ne compromet pas le compostage, car ces substances sont décomposées par les micro-organismes sans nuire aux cultures fertilisées avec le compost.
Pour un compost optimal, il est essentiel de diversifier les types de litière utilisés. Bien que la sciure et les copeaux soient pratiques, ils doivent être complétés par des matériaux riches en cellulose, comme du broyat de tiges de plantes ou des feuilles mortes. Une litière trop ligneuse peut nécessiter un arrosage léger pour accélérer la dégradation.
composter les déchets de cuisine et ceux des toilettes sèches
Un composteur unique pour les déchets issus des toilettes sèches et de la cuisine permet une décomposition plus rapide et mieux oxygénée. En ajoutant des déchets de cuisine et de la matière cellulosique lors du vidage du seau, vous améliorez l'homogénéité du compost.
En suivant ces directives, vous obtiendrez un fertilisant naturel de qualité, que vous pourrez épandre sur vos cultures à l'automne ou à la fin de l'hiver, assurant ainsi la destruction de tout germe pathogène grâce au rayonnement UV et aux micro-organismes du sol.







