À 62 ans, l’âge légal pour prendre sa retraite, de nombreux choix s’offrent aux assurés, même s’ils ne remplissent pas les conditions du taux plein. Qu’en est-il de la décote ? Est-elle réellement dissuasive ?
Marie, qui peine à continuer son emploi, aspire à passer plus de temps avec son mari récemment retraité. Elle souhaite prendre sa retraite dès 62 ans, malgré un manque de trimestres. Pour elle, il est plus important de savourer sa liberté que de continuer à travailler ou de racheter des trimestres.
De nombreux retraités choisissent cette voie. Selon la Cnav, en 2018, 70 761 retraites personnelles ont été accordées avec un taux réduit, représentant 10,6 % des pensions versées.
Cependant, ce choix doit être fait en toute connaissance de cause, car la perte financière peut être significative.
1) Côté retraite de base : quel risque de décote ?
Pour bénéficier du taux maximal de 50 %, les assurés doivent avoir un nombre de trimestres suffisants, variant selon l’année de naissance. En l'absence de ces trimestres, ils subissent une décote qui impacte leur pension de manière indéfinie.
Nombre de trimestres exigés selon l'année de naissance :
- 1951 : 163
- 1952 : 164
- 1953-1954 : 165
- 1955-1956-1957 : 166
- 1958-1959-1960 : 167
- 1961-1962-1963 : 168
- 1964-1965-1966 : 169
- 1967-1968-1969 : 170
- 1970-1971-1972 : 171
- A partir de 1973 : 172
Si vous ne disposez pas du nombre de trimestres requis, votre pension sera due à une réduction permanente.
2) Comment est calculée la décote sur la retraite de base ?
Le calcul de la décote se base sur le nombre de trimestres manquants, en tenant compte soit de la durée requise pour le taux plein, soit de l’âge d’obtention du taux plein automatique (âge légal + 5 ans ou 65 ans pour certaines catégories).
Pour les personnes nées après 1952, chaque trimestre manquant entraîne une diminution de 0,625 % du pension. Par exemple, si vous avez 8 trimestres manquants, le taux de votre pension serait réduit à 45 % au lieu de 50 %.
3) Exemple concret de décote avec 8 trimestres manquants
Marie, née en janvier 1958, souhaite partir à la retraite le 1er février 2020, mais elle aura alors 8 trimestres de retard. Ainsi, sa pension sera minorée : au lieu d’un montant de 1 000 € par mois (12000 € par an), elle touchera seulement 856,88 € par mois, soit une perte de 143,12 € mensuels.
Si elle attend d’avoir 63 ans avec 4 trimestres manquants, sa pension serait de 927,24 € par mois, réduisant ainsi sa perte à 72,76 €.
4) Impact sur la retraite complémentaire
La retraite AGIRC-ARRCO est également affectée par le nombre de points accumulés durant la carrière. Marie, à 62 ans, aura un coefficient de minoration de 0,92, entraînant un montant de 458,12 € par mois. Si elle attend un an de plus, cette somme pourrait passer à 489,24 €, réduisant ainsi son manque à gagner à 20,37 € par mois.
Des simulateurs sur info-retraite.fr peuvent aider à envisager différentes alternatives de départ et à estimer vos pensions.
5) Réflexion sur le choix de la retraite
La décote est définitive et vous devez donc évaluer son impact financier sur une période de 25 ans. Il est crucial de trouver un équilibre entre le temps libre en retraite et la perte de revenu. La réforme actuelles pourrait modifier ces critères, mais les détails restent flous.







