Un rapport du conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit un déficit du système de retraites compris entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros en 2020. Ce manque à gagner surprend, car il ne découle pas d'une hausse des pensions.
Pour illustrer la situation, Jean-Paul Delevoye évoque souvent cette métaphore : "La part du gâteau ne diminuera pas, même s’il y a plus de convives, car la taille du gâteau augmente." Pourtant, cet optimisme suscite des doutes parmi les experts face à l’augmentation du nombre de retraités.
Des ressources en baisse
Malgré les assurances de Delevoye, il semble que la taille du gâteau se réduise. En effet, les ressources du système de retraite représentaient 13,7 % du PIB en 2018, mais devraient tomber entre 13,5 % et 12,9 % d'ici 2025.
Un déficit indépendant des dépenses
Les dépenses liées à la retraite resteront constantes par rapport au PIB. Le COR précise que la contraction des ressources est la véritable cause de ce déficit. La projection des besoins de financement varie entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros, dépendant des scénarios économiques et démographiques envisagés.
Impact des effectifs publics
Une des raisons majeures de cette diminution est la baisse du nombre de fonctionnaires, entraînant une réduction des cotisations perçues par le système. Ainsi, un meilleur équilibre budgétaire de l’État pourrait paradoxalement nuire au financement des retraites.
Les perspectives du gouvernement
Avec le défi qui se présente, la responsabilité revient au gouvernement. Le Premier ministre, Édouard Philippe, avait exprimé le souhait d'équilibrer le système avant l’instauration du futur régime universel. Cependant, l’idée d’une réforme paramétrique précédant une transformation systémique a rencontré la résistance des partenaires sociaux.
Réformes possibles pour rétablir l'équilibre
Le rapport du COR explore plusieurs pistes pour améliorer la santé des comptes, essentiellement axées sur trois facteurs : l’âge de départ, le niveau des pensions, et le taux de cotisation. Les scénarios incluent le report de l'âge légal de départ à 63 ans pour la génération 1963, une augmentation de la durée de cotisation, ou l'instauration d'un âge de taux plein.
Concernant les pensions, une indexation réduite pourrait également être envisagée pour conserver une certaine performance financière. Enfin, une hausse des cotisations d’environ un point pourrait s’avérer nécessaire, faisant passer le taux de 24,9 % à 25,9 % des revenus d’activité en 2025.
Les chiffres clés des dépenses de retraite
En 2018, les dépenses brutes du système de retraite s’élevaient à 324,9 milliards d’euros, représentant 13,8 % du PIB. Sur cette somme, près de 282,4 milliards étaient destinés aux pensions de base et complémentaires. Malgré des prévisions de hausse, la part des dépenses dans le PIB devrait rester stable d’ici 2030.







