À l'aube d'une concertation majeure concernant le futur système universel de retraite, la question de la solidarité intergénérationnelle devient prépondérante.
Les discussions entre Jean-Paul Delevoye, responsable de la réforme des retraites, et les acteurs sociaux approchent de leur terme. "Nous finaliserons notre calendrier de réunions d'ici début mai", a déclaré Delevoye lors d'un colloque à l'Assemblée nationale, centré sur le thème "Vers un système universel de retraite par répartition : Quel contrat entre les générations ?".
Depuis avril 2018, Delevoye a abordé des sujets variés tels que l'âge de départ, la pénibilité au travail, et l'avenir des régimes spéciaux. Les dernières rencontres se concentreront sur des aspects cruciaux comme la gouvernance du régime et la transition vers la retraite.
Une promesse d'équité pour toutes les générations
Confiant dans le potentiel du système universel par points, qui unifie les 42 régimes de retraite existants, Jean-Paul Delevoye soutient que ce modèle garantira des droits égaux pour chacun en fonction des contributions. "C'est une réponse aux inquiétudes des jeunes générations et une manière d'apporter de la clarté sur leur avenir," a-t-il affirmé. Il voit ainsi cette réforme en accord avec les valeurs fondamentales de la Sécurité sociale, instaurées en 1945.
Un climat d'inquiétude parmi les retraités
La confiance des jeunes Français dans le système de retraite est particulièrement remise en question. Une étude réalisée par la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol) lâche des chiffres inquiétants : près de 90 % estiment que le système actuel est inégal et fragile. 79 % des retraités craignent que les pensions de leurs petits-enfants soient inférieures aux leurs. Bien que 63 % des actifs soutiennent encore la répartition, 52 % des jeunes adultes préfèrent la capitalisation, témoignant d'un manque de foi dans le modèle solidaire proposé.
Agnès Buzyn, ministre des Solidarités, a reconnu ces préoccupations et affirmé la nécessité d'un encadrement du régime futur pour garantir que les jeunes ne soient pas lésés. Selon elle, ce système universel devrait illustrer un État providence adapté au XXIe siècle tout en maintenant un mécanisme protecteur pour les retraités. Des réponses sont attendues dès juin.







