Un rapport récent de la Caisse Nationale de l'Assurance Maladie propose un éventail de 60 mesures visant à réduire son déficit. Ces recommandations risquent d’avoir un impact significatif sur les remboursements liés aux cures thermales, aux Affections de Longue Durée (ALD) et à la prise en charge des lunettes.
Ce rapport, qui sera soumis au vote du conseil de la CNAM le 3 juillet, émet des inquiétudes quant à l'avenir de la sécurité sociale. Le directeur général de la CNAM, Thomas Fâtome, appelle à une action collective autour de trois axes : prévention, coordination des soins, et soins à coût adapté. Avec un déficit de 13,8 milliards d'euros prévu pour 2024, une action urgente est nécessaire pour éviter un trou de la Sécurité Sociale qui pourrait atteindre 18 milliards l'année suivante.
Révision des Affections de Longue Durée (ALD)
À l'horizon 2035, le nombre de Français en ALD pourrait presque doubler. Cette situation engendrerait une pression financière accrue sur le système de santé, étant donné que les soins liés à ces affections sont actuellement pris en charge à 100%. La CNAM envisage de restreindre les ALD en définissant une liste précise de soins nécessaires pour chaque pathologie. Les patients en rémission de certaines maladies, comme le cancer, pourraient voir leurs remboursements réduits, tout comme ceux souffrant de risques chroniques tels que l'hypertension ou le diabète.
Modification du remboursement des cures thermales
Les cures thermales, remboursées à 100% pour les patients en ALD, pourraient également faire l'objet de changements. La CNAM envisage de revoir ce remboursement, s'interrogeant sur la légitimité de leur prise en charge intégrale. Des voix s'élèvent contre cette mesure, d'autant plus que d'autres pays, comme l'Allemagne, appliquent des critères de revenus pour l'octroi de tels remboursements.
Fréquence et conditions de changement de lunettes
L'Assurance Maladie désire modifier le cadre relatif au remplacement des lunettes, actuellement autorisé tous les deux ans sans nouvelle correction. Bien que la CNAM ne précise pas encore la fréquence souhaitée, cette proposition fait partie des nombreuses réformes envisagées.
Limitation des arrêts maladie
Le projet de réforme inclut également une réduction des durées d'arrêt maladie. À l’issue d’une hospitalisation, un médecin ne pourrait prescrire qu’un arrêt d’un mois, et en dehors d’un cadre hospitalier, seulement 15 jours. Les renouvellements d'arrêt ne seraient pas autorisés au-delà de deux mois.
Le gouvernement suivra-t-il ces recommandations dans le budget de la Sécurité sociale ? Économiser sur les dépenses de santé semble être devenu une priorité, comme l’a souligné Catherine Vautrin, ministre du Travail et de la Santé, avec un plan d'économies de 1,7 milliard d’euros prévu pour 2025, dont 100 millions d’euros sur les indemnités journalières pour arrêts de travail.







