Une taxe qui touche les boulangeries
En France, la taxe sur les emballages n'est pas une nouveauté. Ancrée dans le principe du pollueur-payeur, instauré en 1993, elle visait à inciter les entreprises à réduire leur impact environnemental. Initialement réservée aux grandes surfaces et aux industriels, cette mesure s'étendra également aux artisans boulangers à compter de janvier 2025.
Le mécanisme est clair : chaque fois qu'un emballage est utilisé à la caisse (sachet pour viennoiseries, papier pour sandwiches, boîtes pour pâtisseries), une contribution d'environ 0,0079 € est appliquée. Même si ce montant semble faible par unité, pour une boulangerie qui traite plusieurs centaines de clients chaque jour, cela peut se transformer en milliers d'euros supplémentaires de charges annuelles.
Quelles conséquences pour le prix du pain ?
Face à cette nouvelle réalité, plusieurs options se présentent aux boulangers :
- Absorber le coût : Certains artisans pourraient choisir de ne pas répercuter cette taxe, au risque de gruger leurs marges, déjà affaiblies par la montée des coûts de l'énergie et des matières premières.
- Augmenter légèrement les tarifs : Une hausse de quelques centimes par produit pourrait être envisagée pour compenser cette nouvelle taxe. Ainsi, une baguette à 1 € pourrait passer à 1,02 ou 1,03 €.
- Inciter à l'apport de contenants personnels : Certaines boulangeries pourraient encourager leurs clients à utiliser leurs propres sacs ou boîtes pour éviter cette dépense additionnelle.
Il semble que la solution la plus vraisemblable soit une hausse des prix, car il devient difficile pour les boulangers d'absorber de manière continue les charges sans impact. Après les augmentations dues à l'inflation, la nouvelle taxe risque d'alourdir davantage le ticket de caisse des clients.
Une réaction partagée parmi les boulangers
L'avis des artisans boulangers est en demi-teinte. Certains comprennent l'urgence de réduire les déchets, mais critiquent une mesure qui alourdit la charge financière sur des commerces déjà en difficulté. D'autres y voient une opportunité d'encourager des pratiques d'emballage plus durables et d'éduquer leur clientèle.
Pour les consommateurs, l'inquiétude grandit. Après des augmentations répétées sur divers produits essentiels, une nouvelle hausse sur le pain et les viennoiseries serait mal reçue, surtout en ces temps économiques tendus où chaque centime compte.
Alternatives pour atténuer l'impact de la taxe
Il existe plusieurs solutions pour éviter que cette mesure ne se traduise par un nouveau coup dur pour le porte-monnaie des consommateurs :
- Promouvoir les sacs réutilisables : Certaines boulangeries commencent à proposer des sacs en tissu pour le pain, une option à la fois écologique et économique.
- Favoriser le vrac : Les clients peuvent parfois acheter des produits sans emballage, ce qui est particulièrement pratique pour les achats consommés rapidement.
- Repenser l'emballage : Certaines enseignes pourraient envisager de modifier leurs méthodes d'emballage pour minimiser leur utilisation.
Cependant, ces ajustements nécessitent un changement d'habitudes qui ne sera pas immédiat et pas toujours pratique pour tous les clients.
Bien que la taxe vise des objectifs environnementaux louables, son introduction risque d'avoir des répercussions directes sur le coût des produits de boulangerie. Même si les augmentations restent modérées, elles s'ajoutent à une liste déjà longue de hausses ressenties par les consommateurs. À terme, cette initiative pourrait inciter à adopter des emballages réutilisables et à modifier les comportements d'achat.







