Alors que les discussions autour du futur système de retraite viennent de s'achever, la question d'un éventuel report de l'âge de prédilection pour partir à la retraite reste un sujet brûlant. Voici les perspectives divergentes de deux économistes sur cette problématique complexe.
• Pour : "Reporter l’âge permet d’assurer la viabilité financière du système"
Victor Poirier, directeur adjoint des études à l’Institut Montaigne, s'est prononcé en faveur d'un report de l'âge de la retraite, en soulignant les enjeux de la viabilité du système. "En 2016, nous avions proposé de réformer l'âge de départ et la durée de cotisation en tenant compte des gains d'espérance de vie et du déséquilibre grandissant entre le nombre de retraités et d'actifs. Nous suggérions d'élever l'âge de départ à 63 ans et d'augmenter la durée de cotisation à 43 ans d’ici 2022. Cela était une mesure essentielle pour contenir le déclin des finances publiques en matière de retraites. Le contexte a évolué, mais notre position demeure valide. La réforme structurelle actuelle n'aborde pas vraiment le problème des déficits à long terme. Pour assurer une bonne santé financière du système, nous devons discuter de l'âge de départ et de son impact sur les pensions et cotisations.
• Contre : "La priorité n’est pas l’âge de départ, mais le travail des chômeurs"
Henri Sterdyniak, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), a une vision différente. Pour lui, le report de l'âge de la retraite n'est pas une priorité à court terme. "Actuellement, le système est équilibré, et de plus en plus de travailleurs restent actifs jusqu'à 62 ans, voire au-delà. Avec l'évolution des règles de cotisation, de nombreux travailleurs devront prolonger leur carrière naturellement. Plutôt que de discuter d'une augmentation de l'âge, il est essentiel de se concentrer sur la création d'emplois pour réduire le chômage de masse. Une augmentation de l'âge de départ ne serait pertinente qu'une fois que le marché de l'emploi sera stabilisé."







