Au sein du Journal Officiel de la République Française (JORF) n°0190 du 19 août 2015, la commission d’enrichissement de la langue française a défini l'agroforesterie comme un “mode de production agricole associant des plantations d’arbres à d’autres cultures pour générer des effets bénéfiques réciproques”. Cette définition se complète par des précisions sur la nature des arbres, qui peuvent être fruitiers, et sur leur recommandation dans le cadre de l’agro-écologie.
Les fondamentaux de l’agroforesterie
Les systèmes d’agroforesterie varient selon les types de cultures associées. Sur une même parcelle, il est possible d’y trouver des cultures agricoles, des prairies pour le pâturage, ou même des vergers. Cette diversité permet de créer des interactions bénéfiques, comme l’optimisation des ressources naturelles et l'accroissement de la biodiversité, tout en favorisant des micro-climats propices à la croissance.
Des recherches menées par l'INRA ont démontré qu'une parcelle agroforestière peut afficher un rendement jusqu'à 36% supérieur à celui de cultures séparées. En maximisant l'utilisation des ressources, comme par exemple en disposant les cultures de manière à tirer parti des différentes profondeurs des systèmes racinaires, l'agroforesterie assure également une protection contre l'érosion.
Les arbres jouent un rôle fondamental en puisant l'eau et les nutriments dans les couches profondes du sol. Ils limitent la pollution des nappes phréatiques en réduisant le lessivage des nitrates, un atout considérable pour la qualité de l'eau potable.
Les bénéfices environnementaux et économiques
Certaines espèces d’arbres, comme l’acacia (Robinia pseudoacacia), sont capables de fixer l’azote, enrichissant ainsi le sol et facilitant la culture de plantes nécessiteuses en azote, tout en réduisant l'utilisation d'engrais. La décomposition des feuilles mortes contribue également à l’enrichissement organique du sol, favorisant sa fertilité.
Les arbres contribuent également à la lutte contre le changement climatique en stockant le carbone. Bien qu'il s'agisse d'une approche à long terme, l'agroforesterie peut, à une échelle réduite, avoir un impact significatif. En fin de cycle, la production de bois, qu'il s'agisse de chauffage ou d’œuvre, représente un complément économique intéressant, formant une véritable épargne verte pour les agriculteurs.
Agroforesterie et permaculture
L'agroforesterie s’intègre harmonieusement dans le cadre de la permaculture, mais son application à grande échelle peut restreindre son utilisation dans des jardins de petite taille. Une solution adaptée est la mise en place de forêts-jardins, qui nécessitent moins d’espace et peuvent également bénéficier des principes de la permaculture, tels que la synergie entre l'écosystème, la production et l’esthétique paysagère.







