La question fait régulièrement surface dans les discussions gouvernementales : la revalorisation des pensions de retraite, prévue pour janvier prochain, pourrait-elle être modérée ou même gelée ? Alors que le Budget 2025 s'annonce tendu, des membres du gouvernement sont interrogés sur cette possibilité, chaque semaine.
Sous-indéxation des retraites : quelle réalité ?
Depuis le début de l'année 2024, le sujet fait débat, surtout à la lumière d'un déficit anticipé de 20 milliards d'euros dans les finances publiques. Le concept de sous-indexation des retraites a émergé : plutôt qu'une revalorisation conforme à l'inflation, le gouvernement pourrait choisir d'augmenter les pensions de manière inférieure à l'inflation, voire de geler complètement celles-ci. En janvier 2024, les retraites avaient déjà connu une hausse de 5,3 %, en adéquation avec l'inflation annoncée par l'Insee. Mais la situation pourrait évoluer d'ici janvier 2025, ce qui préoccupe de nombreux retraités.
Une désindexation signifierait que les pensions ne suivraient plus l'augmentation du coût de la vie, menant à un gel des valeurs actuelles. Le cadre légal semble pourtant dire le contraire, car des hausses sont prévues par le code de la Sécurité sociale. Mais le gouvernement a la latitude d’intervenir, comme en 2019 où l’augmentation était bien en-dessous de l’inflation.
Réponses gouvernementales face aux inquiétudes
Au cours d'une récente interview sur France Info, le ministre Gabriel Attal a démenti tout projet de sous-indexation des retraites en 2025. Ses propos ont été soutenus par le ministre de l'Industrie, Roland Lescure, qui a également assuré qu'aucune intention cachée n'était en cours. Toutefois, Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, a reconnu que la construction du budget 2025 était encore en cours et qu'aucune décision définitive n'avait été énoncée.
Cette question soulève des craintes réelles pour les retraités, qui constituent un groupe électoral important pour l'actuel gouvernement. La polémique a également été alimentée par l'opposition, notamment par Eric Ciotti des Républicains, qui a dénoncé ce qu’il appelle un "plan caché" qui pourrait toucher les pensions après les élections européennes.
Arguments en faveur d'une sous-indexation
Malgré les démentis, il reste des économistes et des spécialistes qui prévoient la nécessité de réfléchir à une sous-indexation. Selon eux, c'est une option modifiable et adaptée aux ressources de l'État, permettant de réaliser des économies substantielles. Par exemple, une sous-indexation en 2019 avait engendré des gains d'environ 3 milliards d'euros.
Antoine Foucher, ancien conseiller de la ministre du Travail, milite pour l’idée d’une modulation des retraites, en ciblant plus particulièrement les plus riches parmi les retraités. Un collectif d'économistes évoque également une révision des pensions basées sur des seuils, suggérant de ne pas revaloriser celles au-delà de 4000 euros tout en faisant des ajustements sur d'autres paliers.
Ces réflexions s’inscrivent dans un contexte où l'inflation prévue pourrait se stabiliser entre 2 et 3 %. Certains jugent donc qu’une sous-indexation proportionnelle à une inflation moins élevée serait plus acceptable, permettant ainsi au gouvernement de mieux gérer la perception publique.
Enfin, bien que la loi impose des augmentations, il reste des précédents historiques où des dispositifs similaires ont été mis en place, par exemple en 2014 ou 2016 avec un gel total des retraites.







