La bugrane (Ononis spinosa), connue sous divers noms tels que herbe aux ânes ou arrête-bœuf, appartient à la famille des Fabacées. Cette plante caractérisée par ses fleurs légumineuses est à la fois un régal pour les baudets, qui s'en servent pour se gratter, et un véritable cauchemar pour les bœufs qui la craignent lors du labour. Ses propriétés thérapeutiques, quant à elles, en font un puissant remède contre les douleurs urinaires.
La bugrane : un diurétique efficace
Mesurant entre 30 et 60 cm de hauteur, Ononis spinosa pousse fréquemment dans les terrains secs et caillouteux, que l'on trouve en bord de mer ou en montagne jusqu'à 1800 mètres d'altitude. Elle est présente à travers toute l'Europe, en Asie occidentale et en Afrique du Nord.
Ses tiges, recouvertes de fines épines, portent de petites feuilles vert foncé divisées en trois folioles, rappelant celles du trèfle. En été, des grappes de fleurs roses s'épanouissent avant de donner naissance à des gousses contenant les graines. Ce sont principalement les racines qui possèdent des propriétés médicinales, grâce à leur richesse en isoflavonoïdes, saponosides, triterpènes et essences aromatiques.
Les vertus médicinales de la bugrane
Dès le Ier siècle ap. J.-C., le médecin grec Dioscoride avait déjà identifié les capacités de la bugrane à dissoudre les calculs urinaires, facilitant ainsi leur évacuation. Aujourd'hui encore, cette plante est reconnue pour ses vertus diurétiques, qui augmentent le volume des urines et soulagent les douleurs urinaires. En effet, ses propriétés diurétiques, dépuratives et anti-inflammatoires en font un allié face aux inflammations chroniques de la vessie, aux cystites et aux calculs urinaires.
En outre, la bugrane peut également être bénéfique pour traiter les douleurs liées aux rhumatismes et à la goutte. Les gargarismes et bains de bouche à base de bugrane peuvent apaiser les irritations de la gorge, y compris les angines, et améliorer les gingivites.
Pratique et versatile, la bugrane se trouve en pharmacie et en herboristerie, mais peut aussi être récoltée dans des zones exemptes de produits chimiques. Une fois récoltée, il suffit de laver et de couper la racine en morceaux, puis de la faire sécher. Elle peut être utilisée de plusieurs manières :
- En infusion : 8 g de racine séchée pour 50 cl d'eau (1 à 3 tasses par jour, infusion de 10 minutes).
- En décoction : 20 g de racine séchée pour 1 litre d'eau, à faire bouillir jusqu'à réduction des deux tiers, idéal pour les gargarismes.
- En huile essentielle, sur prescription médicale.
- En gélules ou extraits fluides, selon les conseils du pharmacien.
La bugrane était également un des composants du Schoum, une solution buvable qui facilitait la digestion et l’élimination rénale jusqu'à sa suppression en 2017. Il est essentiel de consulter un professionnel de la santé avant d'utiliser des plantes médicinales, notamment pour les femmes enceintes et les personnes sous traitement médical préventif.







