"Les feuilles mortes se ramassent à la pelle..." chantait Yves Montand. Dans la réalité, ce sont souvent les jardiniers qui s'attaquent à cette tâche, non sans but. En effet, les feuilles mortes sont de réelles ressources pour confectionner un amendement de qualité comme le terreau. Léger, aéré et riche en humus, il constitue une alternative précieuse aux substrats commerciaux comme la tourbe, dont l'extraction soulève des problèmes environnementaux. Fabriquer son terreau de feuilles est un projet accessible et sans coût. Seule une petite dose de patience est requise.
Qu'est-ce que le terreau de feuilles ?
Le terreau de feuilles repose sur le principe de décomposition lente, souvent issu d'un mélange de feuilles mortes accumulées chaque automne. Ce processus de décomposition génère un matériau brun foncé, léger et friable, dont l'odeur évoque les sous-bois. Bien qu'il soit pauvre en nutriments par rapport au compost, il est très riche en humus et offre un pH légèrement acide, entre 6 et 6,5. Ce terreau présente plusieurs atouts pour les jardiniers :
- Légèreté et aération, idéales pour améliorer des sols lourds et argileux ;
- Excellente rétention d'humidité grâce à sa structure spongieuse ;
- Une alternative durable à la tourbe blonde, dont l'extraction nuit à l'environnement.
Cependant, sa lenteur de décomposition peut constituer un inconvénient. Le processus peut prendre de 6 mois à 2 ans, selon les méthodes utilisées et le type de feuilles.
Voyons maintenant les étapes pour préparer ce terreau !
1 - La récolte des feuilles
Le choix des feuilles influe sur la durée de décomposition, certaines se décomposant plus rapidement :
- Feuilles à décomposition rapide : érable, bouleau, tilleul, frêne, noisetier, arbres fruitiers, peuplier, saule.
Ces feuilles souples sont idéales et se décomposent en 6 à 12 mois.
- Feuilles à décomposition lente : chêne, hêtre, platane, laurier-cerise, châtaignier et aiguilles de conifères.
Celles-ci nécessitent un broyage fin et ne doivent pas représenter plus de 30% du mélange.
- Feuilles à éviter : les feuilles malades ou celles de châtaignier et noyer, riches en tanins.
2 - Le broyage pour accélérer la décomposition
Le broyage est essentiel. Sans cette étape, la décomposition peut durer jusqu'à 3 ans. Deux méthodes s'offrent à vous :
- Utilisation de la tondeuse : facile et rapide, il suffit de couper les feuilles en tas, accompagnées de gazon pour un mélange riche.
- Broyeur de végétaux : recommandé pour les feuilles plus coriaces.
Il est conseillé de broyer les feuilles légèrement humides, idéalement juste après la pluie.
3 - Le stockage des feuilles
Différentes méthodes de stockage se présentent :
- En silo ou bac à feuilles : facile à réaliser avec des piquets et du grillage. Offrant bonne aération et volume, à installer à l'ombre.
- Sac poubelle de 100 litres : remplissez et percez pour l'aération, idéal pour de petites quantités.
- Tas sur le sol : mettre en tas à l’ombre, bien que moins esthétique.
Pour activer la décomposition, incorporez entre les couches de feuilles des éléments comme de la terre de jardin, du purin, des fientes de poules, ou du fumier pré-composté.
4 - Suivi et utilisation du terreau
Une fois le silo rempli, quelques gestes simples sont recommandés : arroser si besoin, aérer chaque 6 mois, et ajouter de la matière sèche si trop humide.
Le terreau est prêt ! Il se présente sous deux formes :
- Terreau grossier : après 6 à 12 mois, idéal pour le paillage et l’amendement des sols.
- Terreau fin et tamisé : entre 12 à 24 mois, parfait pour les semis, mais à mélanger avec du sable ou de la perlite.
Pour les plantes acidophiles, mélangez 2/3 de terreau de feuilles avec 1/3 d’aiguilles de pin décomposées.







