Quand on évoque l'épargne des Français, le livret A apparaît souvent comme le placement de prédilection. Avec un taux de 3 % et un encours moyen de 5 800 euros, il demeure la préférence de 80 % des épargnants, malgré ses rendements jugés trop faibles. Pour de nombreux Français qui cherchent à optimiser leur épargne, des alternatives plus lucratives semblent nécessaires. Le gouvernement a introduit le Plan d'épargne avenir climat (PEAC), visant à mobiliser l'épargne des plus jeunes tout en favorisant la transition énergétique. Mais cette initiative atteint-elle réellement ses objectifs ?
Ce qu'est le Plan d'épargne avenir climat (PEAC)
Présenté par le ministre de l'Économie en mai 2023, le PEAC a été officialisé par la loi sur l'industrie verte le 23 octobre de cette même année. Bercy le décrit comme le "petit frère" du plan d'épargne retraite (PER), remplacé par cette nouvelle formule. Ce dispositif ambitionne de canaliser l'épargne privée des jeunes vers des projets d'industrie verte et de transition écologique. Bien qu'il vise à sensibiliser les jeunes concernant les enjeux environnementaux, il est à noter que ce sont souvent les parents qui gèreront le compte au départ.
Le PEAC fait partie d'une initiative plus large de réindustrialisation de l'économie française, avec un accent particulier sur la décarbonation dans des secteurs tels que l'éolien, le photovoltaïque ou l'hydrogène décarboné. Le gouvernement espère générer un milliard d'euros d'investissement par l'intermédiaire de ces nouveaux fonds, tout en préparant une épargne pour les jeunes à l'approche de leur vie active.
Bien qu'il ne soit pas encore opérationnel, le PEAC devrait être lancé au cours du premier semestre 2024, avec un plafond de 23 000 €. Toutefois, des incertitudes demeurent quant à la réglementation précise de ce nouveau produit.
Les caractéristiques du PEAC
Le PEAC sera administré par la Caisse des dépôts et consignations, similaire au livret A. Chaque enfant pourra ouvrir un compte dès sa naissance, qui restera verrouillé jusqu'à sa majorité, sauf en cas d'événements exceptionnels comme le décès d'un parent ou d'une invalidité. Les fonds seront ainsi bloqués pendant au moins cinq ans.
Seules les personnes âgées de moins de 21 ans pourront y souscrire, et un seul PEAC pourra être ouvert par individu. Les investissements seront réalisés via des fonds d'investissement, avec un accès limité aux jeunes résidant en France.
Rendement et fiscalité du PEAC
Une différence majeure entre le PEAC et le livret A réside dans le fait que son taux d'intérêt n'est pas fixé par l'État. En conséquence, la rémunération dépendra du choix d'investissements effectués, sans garantie de gains. Le ministère de l'Économie espère cependant que le rendement sera supérieur à celui du livret A, même si, à la base, aucun objectif de gains n'est assuré.
Le PEAC offre des avantages fiscaux lors de son retrait, avec une exonération d'impôts sur le revenu et de prélèvements sociaux sur les gains réalisés.
Une autre nouveauté est la suppression du PER pour les mineurs, ce qui soulève des interrogations sur la pertinence du PEAC comme alternative. Bien qu'il vise à encourager l'épargne des jeunes, certains observateurs critiquent le risque de greenwashing, arguant que le produit manque d'encadrement. Les termes flous entourant la définition de l'"industrie verte" soulèvent des doutes sur la réelle efficacité de cet investissement.
En somme, le PEAC, bien que séduisant en tant que produit d'épargne, pourrait avoir des impacts limités sur la transition énergétique. Les critiques soulignent que son architecture semble davantage bénéficier aux classes plus aisées du fait de leur capacité d'épargne, laissant ainsi les plus modérés en dehors de cette opportunité d'investissement.







