Lorsque l'on évoque la retraite, une question se pose : y a-t-il des différences significatives entre les pensions des salariés cadres et celles des non-cadres ? Nous nous plongeons dans ce sujet avec l'aide de spécialistes afin de tout éclaircir.
Récemment, Femme Actuelle a exploré divers thèmes liés aux pensions de retraite, tels que le minimum contributif et les modalités de cumul emploi-retraite. Aujourd'hui, notre focus se tourne vers le statut de cadre et ses implications en matière de retraite. Quelles sont les subtilités propres aux cadres ? Quels sont les critères déterminants pour le calcul de leur pension par rapport à ceux des non-cadres ? Les réponses de deux experts, l'un de l'Assurance retraite et l'autre de l'Agirc-Arrco, nous apportent un éclairage précieux sur ces questions cruciales.
La retraite de base pour les cadres selon l'Assurance retraite
Philippe Bainville, membre de l'Assurance retraite, souligne que « le régime général ne distingue pas les cadres des non-cadres ». Pour tous les employés, la pension de base est calculée en trimestres et dépend de plusieurs facteurs, incluant les revenus, le nombre de trimestres cotisés, et l'âge de départ. « Le montant est basé sur les 25 meilleures années de salaire, avec un plafond annuel fixé à 46.368 euros pour 2024, soit 3.864 euros par mois », précise-t-il. Ainsi, un salarié avec un salaire de 5.000 euros par mois et un autre à 50.000 euros peuvent recevoir la même pension de base en raison de ce plafond.
Le maximum pour la retraite de base en 2024 est de 1.932 euros brut par mois, représentant 50 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale. Cela signifie qu'un cadre occupant un poste élevé ne bénéficiera pas d'une retraite de base significativement supérieure à celle d'un employé de rang inférieur.
La retraite complémentaire des cadres : une approche unifiée
Depuis 2019, avec la fusion de l'Agirc et de l'Arrco, les deux entités de retraite complémentaire ne font plus de distinctions entre les statuts cadres et non-cadres. Selon Fanny Guillou-Marre de l'Agirc-Arrco, « tous les salariés contribuent désormais au même régime unifié, simplifiant ainsi le système ».
Les cotisations sont maintenant uniformes, classées selon deux tranches de salaire : la tranche 1 pour les rémunérations jusqu'au plafond annuel de la Sécurité sociale, et la tranche 2 pour celles entre une et huit fois ce plafond, qui sera de 46.368 euros en 2024. Cela signifie que tout salarié, peu importe son statut, cotise de manière équivalente, avec des taux harmonisés.
Fanny Guillou-Marre indique que « la retraite complémentaire peut constituer une part essentielle du revenu global à la retraite et peut parfois dépasser la pension de l'Assurance retraite ». Comme le souligne Philippe Bainville, « Un cadre peut avoir la même pension de base qu'un non-cadre, mais la retraite complémentaire peut varier significativement selon les contributions ».
Source : Sécurité sociale : le plafond augmente de 5,4 % en 2024 - Service public







