Autrefois prisé pour la construction de maisons, le bardage en bois a cédé du terrain face à des matériaux comme le PVC ou le bois composite. Ces derniers, bien que plus légers, sont souvent moins durables et polluants. Aujourd'hui, avec des préoccupations environnementales croissantes, de nombreux bâtisseurs se tournent vers le bois, réputé pour son authenticité et sa durabilité, sous réserve d'une bonne protection.
Pourquoi opter pour un bardage en bois ?
Pour une mise en œuvre efficace sur de grandes surfaces, les lames de bardage longues sont idéales. En revanche, pour les espaces restreints, il est préférable d'utiliser des bardeaux ou des tavaillons, même provenant de chutes de bois, renforçant ainsi l'isolation tout en valorisant le matériel. Comme le souligne Audrey Bigot et Martin Barraud dans leur livre Auto-construire en réemploi – Donner une seconde vie aux matériaux*, l'objectif n'est pas de donner un guide de construction, mais d'encourager la réutilisation fonctionnelle des matériaux, alliant économies et écologie.
Le choix de l'essence de bois s'avère crucial non seulement pour son esthétisme, mais également pour sa durabilité face à l'humidité. Les essences comme le douglas, le chêne et le châtaignier sont recommandées pour l'extérieur, tandis que le mélèze est adapté à des conditions plus sévères, supportant même le contact avec le sol ou l'eau.
Avant toute application, il est primordial de préparer le bardage. Les lames réemployées nécessitant un nettoyage approfondi en cas de résidus de peinture ou de vernis, un passage à la ponceuse et un lavage à l'eau s'imposent.
Les meilleures méthodes de protection pour un bardage en bois
La protection de votre bardage peut varier selon son type. Vous pouvez choisir de laisser le bois brut, le laissant griser avec le temps, ou le traiter pour conserver sa teinte naturelle. Il est préférable d'éviter les produits chimiques dérivés de la pétrochimie. Voici trois méthodes efficaces :
Huiles protectrices
L'huile de lin est sans doute la plus célèbre grâce à son coût abordable, malgré sa protection limitée. Souvent diluée dans de l'essence de térébenthine pour une meilleure pénétration, elle nécessite des précautions d’usage en raison de son caractère inflammable.
Mélanges d'huiles, incluant généralement l'huile de lin, d'autres huiles végétales et de la cire, se révèlent utiles pour teinter ou protéger le bois tout en limitant le grisaillement.
Goudron de pin, ou goudron de Norvège, est utilisé traditionnellement dans les pays nordiques pour lutter contre le grisaillement et la dégradation due à l'humidité. Cette résine naturelle issue de pin est très efficace.
Peinture écologique
La peinture suédoise, à base de farine et d'huile de lin, est employée depuis des siècles en Suède et dans d'autres pays nordiques. Son efficacité et sa résistance sont notables, et elle est respectueuse de l'environnement, tout en permettant au bois de respirer. Cette peinture peut être colorée avec des pigments naturels comme l'ocre, le marron ou le bleu.
Pour réaliser 5 litres de cette peinture, vous aurez besoin de :
- 350 g de farine
- 4 l d'eau
- 0,5 l d'huile de lin
- 0,5 l de savon noir
- 100 g de sulfate de fer
- Pigment (selon l’effet désiré)
Mélangez la farine avec un peu d'eau pour éviter les grumeaux, puis incorporez le reste d'eau progressivement. Cuisez à feu doux pour épaissir le mélange, ajoutez les pigments, puis le sulfate de fer avant une nouvelle cuisson. Terminez par l'ajout d'huile de lin et du savon noir. Laissez refroidir avant application.
Technique du bois brûlé
Utilisée traditionnellement par les agriculteurs français pour protéger leurs structures en bois, la technique du yakisugi du Japon consiste à brûler la surface du bois pour le préserver des champignons, des insectes et des UV. Après carbonisation, le bois est gratté pour faire ressortir le veinage, puis assaisonné d'huile de lin pour prolonger sa durée de vie.
* Editions Ulmer - 2 septembre 2021 - 160 pages - 22 €







