Qu'est-ce qu'un alicament ?
Le terme « alicament », contraction d'aliment et médicament, désigne des denrées alimentaires présentées comme ayant un effet bénéfique sur la santé. On parle aussi d'aliments fonctionnels ou de nutraceutiques. En Europe, les autorités privilégient « aliment santé » ou « aliment fonctionnel » pour éviter la confusion avec un médicament. Ces produits peuvent être naturellement riches en composants utiles (fibres, calcium) ou enrichis par l'industrie (oméga‑3, phytostérols, vitamines).
Preuves, contrôle et limites scientifiques
Un aliment ne peut pas légalement se réclamer d'une propriété curative en Europe. Les allégations de santé sont strictement encadrées : elles doivent être évaluées par des agences scientifiques — en France par l'Anses et, au niveau européen, par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Les dossiers présentés par les fabricants doivent comporter des études cliniques sur l'homme et des mécanismes physiologiques plausibles.
Les autorités rendent des avis favorables ou défavorables selon la qualité des preuves. Parfois, un enrichissement apparent est jugé négligeable ou trompeur — par exemple des confiseries enrichies en vitamine C qui apportent un surplus de sucre. À ce jour, certaines catégories d'alicaments ont des bénéfices démontrés (margarines enrichies en phytostérols réduisent le LDL, aliments contenant bifidobactéries améliorent le transit chez certains sujets), tandis que d'autres restent prometteuses mais insuffisamment étayées.
Usages, risques et conseils pratiques
La transformation qui donne naissance aux alicaments peut prendre plusieurs formes : concentration d'un composé naturellement présent, ajout d'un nutriment, ou retrait d'un élément indésirable. Parmi les exemples concrets aujourd'hui sur le marché :
- margarines enrichies en phytostérols pour diminuer le cholestérol LDL;
- produits laitiers ou boissons contenant probiotiques (bifidobactéries, Lactobacillus) pour l'équilibre de la flore intestinale;
- œufs, lait ou pâtes enrichis en oméga‑3 pour soutenir la santé cardiovasculaire.
Cependant, l'enrichissement n'est pas sans risque : certaines vitamines et minéraux peuvent devenir toxiques à haute dose (vitamines A, D, fer, cuivre). La multiplication d'aliments enrichis, combinée aux compléments alimentaires, augmente le risque d'apports cumulés. De plus, des ingrédients ajoutés (sucre, graisses) peuvent annuler les bénéfices escomptés.
Pour consommer intelligemment : privilégier les aliments complets et variés, utiliser les produits enrichis quand un besoin spécifique est identifié (carence, groupe à risque), vérifier les allégations et les doses sur les étiquettes, et demander l'avis d'un professionnel de santé en cas de doutes ou de prise de compléments. Enfin, rester vigilant face au marketing — le goût et la qualité nutritionnelle doivent rester des critères majeurs de choix.







