Vieillir chez soi : un choix plébiscité
Un sondage d'Odoxa réalisé en 2019 révèle que plus de 90% des Français aspirent à vieillir dans leur foyer. Les témoignages poignants du livre-enquête Les Fossoyeurs mettent en lumière des conditions de vie indésirables dans certains EHPAD, ce qui incite encore plus de personnes âgées à envisager le maintien à domicile.
Cependant, choisir de rester à domicile implique de pouvoir bénéficier d'une aide adaptée, selon le niveau de dépendance et le degré de perte d'autonomie de la personne.
Aménagement et coûts du domicile
Afin de garantir une vie autonome, il peut être nécessaire d'adapter son logement. Cela inclut des systèmes de téléassistance ou d'alerte en cas de chute, dont l'abonnement peut atteindre 50 euros par mois.
Des travaux plus lourds, tels que l'installation d'un monte-escalier ou d'une douche adaptée, peuvent également s'avérer nécessaires, engendrant des frais qui ne sont pas toujours couverts par les mutuelles, bien qu'il existe des aides pour soutenir ces démarches.
Les coûts liés à la santé et aux services à domicile
Avec l'âge, les problèmes de santé se multiplient, entraînant un coût croissant pour la mutuelle. En effet, selon la Drees, en 2021, plus de 70% des retraités payaient leur mutuelle 3,4 fois plus cher qu'à 20 ans, l'addition mensuelle atteignant parfois 150 euros.
En parallèle, le recours à une aide à domicile devient essentiel pour de nombreuses personnes âgées. Le tarif moyen de l'heure pour une aide ménagère s'élève à 25 euros. Si l'assistance doit être quotidienne pour un soutien complet, les frais peuvent grimper jusqu'à 1000 euros par mois.
Au-delà des soins et de l’assistance, il est crucial de prendre en compte certains coûts non financiers, comme la santé mentale et le besoin d'interactions sociales, facteurs qui peuvent conduire certains à rechercher un habitat collectif pour plus de sécurité.
Aides disponibles pour les seniors
Malgré ces coûts, il existe des aides financières mises en place par l'État et les caisses de retraite pour soulager les dépenses liées à la dépendance. Les personnes évaluées selon la grille Aggir peuvent bénéficier d’assistance régionale ou départementale.
Par exemple, l'Allocation personnalisée d'autonomie (APA) est accessible sans condition de revenus aux personnes de plus de 60 ans en perte d'autonomie. Pour les retraités avec un revenu modeste, l'Aspa (allocation de solidarité aux personnes âgées) est une aide financière qui s'applique à ceux dont les ressources mensuelles ne dépassent pas 916,78 euros.
Il existe aussi des aides spécifiques pour rémunérer une aide à domicile, dont la mise en place dépend de divers critères, mais qui ne peut pas être cumulée avec l'APA. Ainsi, bien que vieillir à domicile présente des coûts, ces derniers ne sont pas nécessairement supérieurs à ceux d'un placement en établissement spécialisé, et diverses aides peuvent réduire considérablement le fardeau financier.







