Mortier ! Ce terme regroupe une multitude de variantes utilisées dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Fabriquer du mortier est à la portée de tous : il suffit de mélanger un liant (ciment ou chaux), du sable, et de l'eau. Des adjuvants peuvent être ajoutés pour offrir des caractéristiques spécifiques au mortier, créant ainsi une pâte adhésive, souple et malléable, qui durcit en quelques heures.
Choix du liant selon l'application
La chaux
Les chaux sont des liants naturels, souvent privilégiés pour la rénovation des bâtiments anciens. Elles conservent leur souplesse après durcissement et ont un faible retrait lors du séchage, s'adaptant ainsi aux mouvements naturels des structures. Ces propriétés minimisent les fissures dans les enduits. Les mortiers à base de chaux sont imperméables au ruissellement tout en permettant l'échange de vapeur d'eau. Cette respirabilité aide à prévenir les moisissures et garantit la durabilité de constructions en pierres tendres. De plus, la chaux régule l'humidité, assurant un environnement sain par son action antiseptique.
Trois catégories de chaux :
- La chaux aérienne : fabriquée à partir de calcaires naturels, elle décroît par carbonatation en absorbant le gaz carbonique. Très utilisée pour des décorations et enduits sains, son temps de prise est long.
- La chaux hydraulique : mélangé à du calcaire et de l'argile, elle durcit rapidement par réaction chimique à l'eau. Adaptée aux milieux humides, elle se décline en plusieurs types, chacun ayant ses spécificités adaptées à divers travaux.
- La chaux naturelle : exempte d'adjuvants toxiques, elle est idéale pour des applications de construction respectueuses de l'environnement.
Le ciment
Le ciment est un liant hydraulique offrant une très haute résistance à la compression et une prise rapide. Contrairement à la chaux, il est peu perméable à l'air et à l'eau, ce qui le rend adapté à plusieurs applications :
- Pour solidariser ou enduire des matériaux durs comme les briques et les blocs de béton ;
- Pour réaliser des chapes dans des environnements humides ;
- Pour assurer l'étanchéité de cuves et réservoirs.
Les mortiers de ciment ne conviennent pas pour le jointoiement de matériaux tendres, car ils peuvent se fissurer et se décoller, provoquant des infiltrations d'eau. Les principales catégories de ciment comprennent :
- Ciment Portland CEM I, à prise rapide ;
- Ciment Portland composé CEM II pour la maçonnerie générale ;
- Ciments de hauts fourneaux CEM III pour des milieux corrosifs ;
- Ciments blancs pour des travaux décoratifs.
Agrégats des mortiers
Pour la plupart des mortiers, on privilégie le sable de construction propre. La granulométrie idéale varie entre 0 et 2 mm pour les enduits, et jusqu'à 4 ou 6 mm pour d'autres travaux de maçonnerie.
Dosages des ingrédients
Les dosages suivants sont des indications pour du sable sec, basés sur les DTU. Pour confectionner 1 m³ de mortier frais, il faut environ 1 600 kg de sable et ajuster l'eau selon la nature du sable :
- Gobetis : 450 kg de ciment/chaux pour surfaces neuves, 500 kg de chaux hydraulique pour matériaux tendres.
- Corps d'enduit : 450 kg de ciment/chaux ou 300 kg de chaux + 150 kg de ciment.
- Enduit de finition : 300 kg de ciment/chaux.
Également, il est possible de coupler chaux et ciment pour des mortiers bâtards.
Préparation des mortiers
Peu importe le liant choisi, le mélange se fait en suivant un processus simple :
- Sur une surface propre, versez le sable suivi du ciment.
- Mélangez jusqu'à obtenir une couleur homogène.
- Créez un cratère au centre et ajoutez 2/3 d'eau.
- Incorporez l'eau progressivement tout en mélangeant jusqu'à la consistance désirée.
Pour des méthodes mécaniques, versez d'abord l'eau dans la bétonnière, suivie du sable et du liant. Mélangez jusqu'à obtenir la viscosité souhaitée.
Notez que les éventuels adjuvants doivent être dissous dans l'eau de gâchage avant utilisation.







