Le taux d'emploi des personnes âgées de plus de 55 ans en France reste l'un des plus bas de l'Union européenne. Cette réalité est d'autant plus préoccupante dans le contexte de la réforme des retraites récemment adoptée, qui a repoussé l'âge de départ. Face à cette situation, le gouvernement avait envisagé la création d'un index senior. Cet outil visait à mesurer les efforts des entreprises pour promouvoir l'emploi des travailleurs âgés.
Un indicateur essentiel
L'index senior, dont l'idée émergeait dans le cadre de la réforme des retraites, devait permettre aux entreprises de montrer publiquement combien de seniors elles emploient et quelles initiatives elles mettent en place pour soutenir cette tranche d'âge. Destiné aux grandes entreprises, l'index aurait fonctionné de manière similaire à l'index de l'égalité professionnelle entre hommes et femmes.
Le but de cet indicateur était double : non seulement encourager l'embauche de seniors, mais aussi assurer un environnement de travail adapté à leurs besoins, le tout dans un cadre de transparence réciproque.
Sanctions pour non-respect
Le projet stipulait également que les entreprises qui échouaient à publier cet index s'exposeraient à des sanctions financières. Celles-ci auraient été calculées en fonction de leur masse salariale, avec des contributions destinées à la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV). Un index qui, s'il ne montrait pas d'améliorations dans l'emploi des seniors, aurait conduit à des obligations de négociations sociales renforcées dans les entreprises concernées.
Le sort de l'index senior
Malgré son intérêt, l'index senior n'a pas été adopté. Le Conseil constitutionnel a invalidé cette mesure, arguant qu'elle ne pouvait pas figurer dans une loi de financement rectificative de la Sécurité sociale. Ce rejet a soulevé des inquiétudes parmi les défenseurs des droits des seniors, qui voient ce manque comme un obstacle à l'amélioration de la situation des travailleurs âgés, déjà en déclin sur le marché de l'emploi.
Alors que le taux d'emploi des seniors augmente modestement, il est encore très faible, surtout pour les femmes et plus particulièrement après 60 ans. Comprendre les besoins et encourager les employeurs à les satisfaire reste crucial pour garantir un avenir professionnel à cette catégorie de salariés.







